27.10.2007

Charles Baudelaire - Une charogne.....extrait des Fleurs du Mal"

Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un œil fâché,
Épiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu'elle avait lâché.

Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
À cette horrible infection,
Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes amours décomposés !

31.07.2007

Mary Higgins Clark - Rien ne vaut la douceur du foyer

 Attention danger : maison de la petite Lizzie !

On retrouve bien là un bouquin de Mary Higgins Clark, aucun doute la dessus. C'est un peu toujours la même chose un Mary Higgins Clark en fait. Mais ça plait et je vais pas dire le contraire vu qu'il s'est écoulé environ 30 heures entre le moment où j'ai attaqué le bouquin et celui où je l'ai refermé pour la dernière fois, ce matin vers 3h15. Autant vous le dire tout de suite, j'ai passé ma journée au lit à lire ! Comme toujours, l'auteur de La Nuit du Renard (tain la phrase pourrie de journaleux !) nous tient en haleine, impossible de s'arrêter avant de connaître le dénouement, il y a toujours à la fin d'un chapitre un petit quelque chose, une petite phrase qui fait que non, définitivement non, le chapitre suivant doit être lu avant de dodoter.

Personnellement, la fin m'a déçu car c'est la même chose, mais alors vraiment la même chose (encore pire que d'habitude car ça se passe dans le même genre de maison, le même genre de petite ville à moitié à campagne) que "Un cri dans la nuit" qui est le dernier roman que j'avais lu de cette dame. C'était tellement bien "Un cri dans la nuit"... Alalala !!! Mes deux dernières nuits presque blanches à lire ont été sur ces deux livres ^^

Au final, je ne saurai que vous le recommandez, de préférence si vous avez deux totalement près à lui être consacré !

 

Synopsis

lle s'était juré de ne jamais revenir à Mendham. De ne jamais revoir la maison où sa mère était morte, où elle l'avait tuée. Bien sûr, elle n'était qu'une enfant, bien sûr, c'était un accident, mais pour beaucoup, Liza Barton était une criminelle. Les années ont passé. Liza, devenue Celia, mère d'un petit garçon, connaît enfin le bonheur. Jusqu'au jour où Alex, son mari, à qui elle n'a jamais rien dit, lui fait une surprise en lui offrant une maison dans le New Jersey... Mendham, la maison de son enfance. En guise de bienvenue, ils trouvent cette inscription, en lettres rouge sang : « Danger ! » Quelqu'un connaît la véritable identité de Celia et tente de lui faire endosser un nouveau crime. Celia va désespérement tenter de prouver son innocence....Le vrai tueur, dans l'ombre, guette sa proie.

11.04.2007

This is madness ! .................. THIS IS SPARTA !!!

medium_largeposter_2592.jpgIl y avait longtemps que la Zazabelle et moi on était pas allé au ciné. Il était temps d'y remédier ! Ca tombait bien, car en arrivant à Angers il y avait un film que j'avais envie de voir : 300. Pourquoi ? Ben pas de raisons particulière : un copain m'avait montré la bande-annonce, et j'avais trouvé les voix et les images extraordinnaires et quelques jours après mon réveil de France Info m'en avait balancé une très bonne critique. Allez on est parti !!!

 Ouais enfin, bon la Zazabelle ne part pas trop emballée non plus, elle préfèrerait aller voir "la ferme se rebelle" (quoi puce ? C'est nul ? Ah ok....) et ne regarde le premier quart que d'un oeil. Mais à la fin, franchement elle a aimé ! Je t'avais dit chérie que ça pouvait être un bon film ^^

Bon petit synopsis quand même :

"Les perses viennent faire chier en Grèce, et ils ont le courage d'envoyer un émissaire à Sparte. Mais Léonidas, roi de Sparte, il aime pas les Perses. Il part donc avec 300 amis Spartiates pour péter la gueule à un million de vilains perses méchants"

 Ca à l'air nul hein ? Bon oki, un synopsis plus sérieux :

"Adapté du roman graphique de Frank Miller, 300 est un récit épique de la Bataille des Thermopyles, qui opposa en l'an - 480 le roi Léonidas et 300 soldats spartiates à Xerxès et l'immense armée perse. Face à un invincible ennemi, les 300 déployèrent jusqu'à leur dernier souffle un courage surhumain ; leur vaillance et leur héroïque sacrifice inspirèrent toute la Grèce à se dresser contre la Perse, posant ainsi les premières pierres de la démocratie."

Le film est vraiment très réussi au niveau graphique. Les couleurs, la façon de filmé, les bestioles bizarres, les cotumes notamment des perses, les tenus des perses, très joli tout ça ! Le scénario est assez basique, mais ce n'est pas dérangeant, le film passe très vite sans qu'on se dise "Té ! Mais il ne se passe rien !". D'aucuns disent que ce film n'est qu'une simple boucherie. C'est certes une boucherie assez violente, mais une belle boucherie. L'ensemble paraît tellement peu naturelle que ça ne choque presque plus. Aucun moment de réels à se dire rraaahhhhh puttaaiinnnn beeeuuurrrrkkkkk !!!!" comme on en a dans Hannibal Rising par exemple.

C'est sûrement le film que j'ai préféré depuis bien longtemps, et l'un des premiers si ce n'est LE premier film que j'avais envie de retourner voir au cinéma. A conseiller donc, mais si possible en VO !

25.01.2007

J'ai vomi dans mes cornflakes

"Si tous les enfants veulent devenir astronaute, c'est pour se barrer de cette Terre, où ils devront vivre toute leur vie..."

 

 

"Le capitalisme est un jeu, l'argent qu'il dégage est l'enjeu"

Pas de ma faute si ce que j'écoute juste après d'avoir vu cette vidéo est une chanson anti-capitaliste. Gilbert et ses problèmes ont très bien compris ce jeu de l'oie qu'est la société de nos jours.

Quand on écoute du black métal, qu'on des tee-shirts avec des étoiles rouges ou la tête de Che Guevara, qu'on a des bières vides à côté de soi et qu'on coupe le son métal sortant des enceintes pour écouter parler de vomi dans des corns flakes, on ne se doute pas forcément de ce qu'on va voir, entendre, et ressentir... Mais comment ne pas être touché quand la vidéo décrit un peu votre vie. On se dit qu'un autre monde est possible et qu'on a pas envie de finir avec un gros ventre plein de bière (pour la peine je n'irai pas boire des bières à mon pot de classe ce soir !), mais on se pose quand même question de savoir qui sera le plus tenace.

La réalité fera t-elle abbatre sur nous le filet de la résignation ? Le poster du Che est-il bien accroché au mur ?

A ce moment là, on se rappelle son enfance, ses vieux rêves, ses souvenirs enfouis... On compare à ce qu'on est devenu. Non je ne suis pas dans l'espace... Peut-être aurais-je dû ?

On va remettre un peu de métal dans sa platine, on cherche une punaise supplémentaire dans son tiroir, on se persuade qu'un autre monde est possible. La révolution n'aura peut-être pas lieu, mais souhaitons que l'évolution tende plutôt vers R que vers D, proche à mon goût du C.